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à corps et à cri

Lundi 16 mars 2009

Jalousie

 

Je ne suis pas jalouse. Je n'ai jamais fouillé dans ses poches. Je n'ai jamais mis en doute ses retards, ses absences, ses excuses. J'ai tout gobé. Toujours. Je ne dirais pas que je ne me suis jamais posé de questions. Mais nous avions un contrat. Un contrat de mariage. Et j'y croyais.

 

Un jour il a oublié son portable professionnel. J'ai voulu lui envoyer un SMS. Pour qu'il ne le cherche pas, qu'il ne s'inquiète pas. J'ai tapé : « tu as oublié ton portable », puis j'ai sélectionné « destinataire » et j'ai fait « envoyer » sur l'adresse de son autre téléphone, le personnel... J'attendais qu'il me réponde. Mais il ne répondait pas... alors je suis allée voir dans « messages envoyés » si le mien, de message, il était bien parti. Il y avait une longue liste de messages envoyés. J'ai souri et regardé un message au hasard. Il était court, il y avait juste une petite phrase que je connaissais bien : « Tendresse mon cœur ». C'est ce qu'il m'écrivait souvent lorsqu'il m'envoyait des fleurs pour ma fête ou mon anniversaire, lorsqu'il était loin. Mais quelque chose clochait, le numéro auquel il l'avait envoyé n'était pas mon numéro. Mon cœur s'est mis à taper comme un fou, comme avant un raz-de-marée, une tornade, un tsunami prévisible. Je savais déjà que rien ne serait plus comme avant. J'ai noté le numéro. Comme ça. Il me disait très vaguement quelque chose. Comme un souvenir ancien, effacé depuis longtemps...

 

Et puis j'ai voulu savoir. J'ai regardé tous les autres messages qu'il avait envoyés. Ce jour-là, le 29 Octobre, il en avait envoyé une douzaine, tous vers le même numéro. Le premier disait : « J'arrive ! », avec un point d'exclamation. Oui c'est vrai, il avait été absent pendant de longues semaines, il était revenu vers cette date là, en Octobre... Le second disait : « Tout contre toi, je veux me glisser tout contre toi, je ne serai pas en moto, je serai tout chaud pour te réchauffer... », mon cœur se glaçait en lisant ces lignes adressées à une autre... Le troisième, du même jour, envoyé deux heures plus tard, disait : « Marie m'a tuer », puis un quatrième qui pérorait : « tu as su trouver les arguments, il faut dire que tu es une femme d'une belle constitution » puis un cinquième qui ajoutait : « j'espère également avoir été un homme de bonne constitution, merci pour ce que tu m'as donné... c'était merveilleux. »

 

Là mon cœur  a eu un soubresaut, j'ai cru mourir, ... mal, j'avais si mal, la tête me tournait, la nausée montait, montait jusqu'à l'écoeurement. Je ne savais plus où j'étais, ce qu'il m'arrivait. Je respirais comme si j'avalais ma dernière goulée d'air, je suffoquais. Et la douleur... la douleur... là ... en plein cœur.

 

C'est possible une telle souffrance ?

Par Vénus Callipyge
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Mercredi 4 mars 2009

Ne me demande pas de vivre comme si de rien n'était, comme si rien ne s'était passé ! Ce n'est pas vrai, IL S'EST PASSE quelque chose, de grave, ce n'est pas simplement une « connerie » ou une « bêtise » comme tu te plais à le dire, c'est tout un engagement que nous avions passé avec tout l'amour que nous nous étions donné... et que tu as trahi.

 

Avec ma pire ennemie.

 

Alors ne me dis pas des atrocités à la légère : le « fais-toi plaisir » est de trop. NON ça ne me fait pas plaisir de me remémorer, chaque instant de chaque jour, que tu m'as trompée. NON je ne me complais pas dans la douleur... cette douleur là est bien constante, malgré moi, et m'empêche même parfois de respirer ... Je voudrais l'arracher de mes entrailles, je voudrais oublier tous les mots que j'ai lus, toutes les situations qu'ils m'ont évoquées, toutes ces images qui me vrillent le cœur. NON je ne me fais pas plaisir !

 

Je ne fais que tenter de survivre à cette douleur.

 

Tout ce qu'il me reste d'espoir... mais au fait, me reste-t-il de l'espoir ? Qu'est-ce qu'il me reste ? Même pas de l'amour « propre »... Je me sens si sale d'avoir été trahie !

 

Tout ce qu'il me reste... de dignité ?... mais non voyons,  la dignité m'aurait fait fuir, bien loin de toi pour mettre de la distance entre moi et la raison de ma douleur...

 

Tout ce qu'il me reste... d'amour ? ... me reste-t-il de l'amour ? Hélas, oui ... il m'en reste de l'amour et je n'en suis même pas fière puisqu'il a été traîné dans la boue cet amour que je croyais solide à faire bouger les montagnes.

 

Alors si une nuit je pose mes mains trop froides sur ton corps, pense à me les réchauffer plutôt qu'à m'en faire le reproche. Et n'imagine JAMAIS que ce que tu me demandes (oublier !) soit si facile...

 

Par Vénus Callipyge
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Mardi 6 janvier 2009
Nous sommes  en 2009 et j'ai créé ce blog il y a tout juste un an pour crier mon désespoir. Quel chemin ai-je parcouru depuis ? Sur quels cailloux mes pieds se sont-ils encore blessés ? Ma vie a-t-elle si peu de valeur pour les autres que je disparaisse à leurs yeux avant même d'avoir vraiment disparue ?



Oui j'ai voulu mourir... mais on peut rater sa mort aussi facilement que l'on rate sa vie... On peut vouloir mourir parce qu'on a peur de la mort. De sa propre mort ou de la mort de ceux qu'on aime. On peut vouloir mourir parce qu'on se sent déjà mort.

Non, ne vous méprenez pas, je ne suis pas venue là pour geindre et me faire plaindre. Je suis revenue pour vider mon sac. Il me reste encore de la rage et c'est sans doute là que réside ma chance. La rage me maintient en vie.

Mes deux "moi" voudraient bien se rejoindre, mais je veux encore préserver ce qu'il me reste de "vie normale" à priori hors d'atteinte et garder cet espace ici où il me semble pouvoir hurler très fort sans qu'on me dise de me taire.
Par Vénus Callipyge
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Mercredi 4 juin 2008


C'est une photo prise tout près de chez moi dans le Var... Ce jour là la mer s'agitait comme rarement, le vent soufflait en rafales, c'était à Pâques.

Raccourci un peu facile sans doute, mais lorsque la mer est mauvaise... Je pense à la mienne de mère, et lorsque les embruns me giflent le visage,  je ressent encore  la main leste de ma mère...

Je n'ai jamais battu mes enfants, mais, enfant, je l'ai été souvent. Peut-être était-ce un phénomène de génération ?

Ma soeur et moi, tout en nous en protégeant, nous trouvions ça presque normal que l'on nous batte. Nous ne savions pas comment ça se passait chez les autres, dans les familles "normales". D'ailleurs nous pensions que nous étions une famille normale.

Aujourd'hui nous ne le pensons plus.

Et aujourd'hui, ma soeur et moi nous pouvons nous souvenir des coups de martinet qui pleuvaient sur nos fesses, ou des manches à balais qui se brisaient sur nos têtes ou nos épaules... Aujourd'hui nous pouvons en rire, même si nous maudissons ceux qui nous les ont infligés, ces coups...
Par Vénus Callipyge
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Jeudi 22 mai 2008
J'ai toujours eu besoin d'écrire, aussi loin que remontent mes souvenirs, c'est-à-dire dès les premiers jours où j'ai su coucher mes premiers mots sur une feuille blanche...



J'avais, quoi, cinq ou six ans ? J'ai eu la chance d'avoir un grand-père maternel qui aimait les mots et me les avait appris en utilisant des cubes de bois où, sur chaque face, il y avait une lettre ou un chiffre ou un morceau d'image...

Les lettres ont fini un jour par faire des mots. J'ai commencé à déchiffrer les mots qui m'étaient accessibles facilement : ceux qui au-dessus des devantures des magasins annonçaient la couleur , "boucherie-charcuterie", "boulangerie", "cordonnier", "pharmacie" avec un "effe" comme "phare" !

Puis il y a eu l'école et là ce fût moins drôle... à cette époque on nous tapait sur les doigts avec une règle de fer si l'on se trompait ! La mémoire vient vite à ce compte-là !

Heureusement, je ne me suis jamais fâchée avec l'écriture même si j'ai vite abandonné les pleins et les déliés de la plume Sergent Major pour passer au Stylo-Plume, puis au Stylo Bic, puis au feutre pointe fine et depuis plusieurs années... au clavier !

L'écriture est restée pour moi un élément vital. Ceci explique celà et cette image illustre bien mes relations avec l'écriture : c'est ma thérapie personnelle et c'est celle de beaucoup d'autres. Soigner nos blessures en "les disant", soigner nos maux par des mots...

Par Vénus Callipyge
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Vendredi 4 avril 2008

Dure période où je me bats contre mes contradictions... J'ai besoin de temps pour refaire surface... mais je ne suis pas morte ! Enfin, pas encore...

Par Vénus Callipyge
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Lundi 21 janvier 2008

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Lorsque la journée se termine je suis prise d'une grande fatigue... une de ces fatigues qui ne vous lâchent pas et que j'ai le plus grand mal à dépasser. Je ne rêve que d'une chose : m'allonger dans mon lit, ne plus sentir ce poids qui me fait gonfler les chevilles, grincer les articulations, qui m'engourdit les membres et tasse ma colonne vertébrale.

Imaginez ce que font 30 ou 40 kg de trop en faisant cette petite expérience : prenez un sac à dos et mettez-y une vingtaine de boite de conserve de 1kg et puis remplissez deux sacs plastiques de 5 kg de pommes de terre chacun...

Avec ce chargement sur le dos et un sac à chaque main, montez un escalier ou deux, courez dans votre jardin, allez faire quelques courses au supermarché du coin et dites-moi comment vous vous sentez au bout d'une journée...

Aujourd'hui j'ai mal partout et le moral au bout des chaussettes...

Sainte "Sylphide" priez pour moi !

Par Vénus Callipyge
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Mercredi 9 janvier 2008

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BOTERO " La Danseuse"






J'ai toujours pesé moins de cinquante kilos et du haut de mon 1 mètre 60 je trouvais la position plutôt confortable... De plus, le regard des autres me rassurait  relativement... je plaisais. Pas de problèmes donc, malgré les coups de coeur, les coups de tempête, les aléas de la vie... tout allait bien dans le meilleur des mondes...

Jusqu'au jour où, en visite chez mon mèdecin, celui-ci m'annonça froidement :

- Votre surchage pondérale devient critique... Vous êtes obèse. J'ajoute même que vous êtes atteinte d'obésité morbide.

Oui, bien sûr, ça n'est pas arrivé tout d'un coup ! Mais quand même... 30 kg de plus en 18 mois, ça avait tout de même de quoi inquiéter. De quoi m'inquiéter et de quoi l'inquiéter aussi ce brave mèdecin...

Oui oui, vous avez bien lu et j'ai bien entendu : "Obésité morbide". Cela voulait dire que tout à coup j'avais une épée de Damoclès suspendue au-dessus de ma tête. Mon poids pouvait me faire mourir. Je me sentais un peu trop jeune pour ça.

N'empêche... ça m'a fichu un coup sur la patate (c'est le cas de le dire....) !

Par Vénus Callipyge
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