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Je suis "obèse", comme je pourrais dire "j'ai les yeux bleus" ou "je pratique la natation", sauf que moi... je l'ai pas toujours été et que c'est une souffrance indicible. Mais justement, j'ai envie de le dire !
La vie m’avait appris beaucoup de choses, entre autres à ne pas laisser le
cœur s’affoler pour un regard. Et puis mon cœur était fatigué, alors bien sûr je n’ai pas pensé qu’il pouvait encore s’emballer… pas si vite, pas si complètement.
Pierre-Paul est entré dans mon bureau. C’était aussi le sien. Un jeune
stagiaire l’accompagnait. Il baissait le nez et regardait ses souliers, bien cirés. Derrière ses lunettes en cul de bouteille j’avais du mal à croiser son regard. Alors quand il a levé les yeux,
ça m’a prise par surprise. Il y avait tant de tristesse dedans, comme un puits sans fonds...
A l’instant c’était déjà trop tard, j’étais perdue. Je rêvais déjà de
coller mes lèvres sur sa bouche trop rouge, j’imaginais mes doigts glissant à travers les boutons de sa chemise jusqu’à sa peau imberbe. Je fantasmais à fond.
Pierre-Paul me le présenta : embauché pour l’été il devait rester
trois mois, peut-être plus, me dit PP avec un drôle d’air. J’ai craint une fraction de seconde qu’il n’ait suivi mes pensées lubriques. Je feins l’indifférence et lui dis qu’il serait peut-être
plus pratique que je laisse mon bureau à sa nouvelle recrue et que j’aille emménager dans mes futurs locaux à l’étage au-dessous. On y installait jsutement un faux plafond, un faux
plancher, des câbles courraient partout dans ce qui allait devenir mon domaine quelques jours plus tard.
En même temps je me mordais l’intérieur de la joue pour avoir parlé trop
vite. A trois dans mon ancien bureau c’était une promiscuité assurée, des frôlements, des regards, des silences bavards… PP acquiesça avec conviction, je me mordis la joue un peu
plus...
Oui, aujourd'hui on se défoule (enfin je me défoule...).
La plupart des hommes diront que la femme idéale est : belle, mince, intelligente, pleine d'humour....
Ils attendent de la leur qu'elle se rapproche de plus de cette image d'Epinal,
... et qu'en plus, elles sentent bon, qu'elle n'ait jamais un poil de trop (sur les jambes, les aisselles, le menton... et que sais-je !) (... si je le sais !),
... et qu'en plus, elle ait toujours le sourire, rit de ses bonnes grosses blagues, ne s'afflige pas trop des cannettes de bières qui traînent, des chaussettes itou et kipuent, et j'en passe...
... et qu'en plus, elle n'ait pas de kilos en trop et qu'elle ait une peau de velours !
Ahhhhhhh !!!!! à propos de peau de velours.... Ca me rappelle que moi je râle toujours quand mon mec se rase pour aller au travail mais m'offre chaque week-end ses joues rapeuses et son tee-shirt
préféré (celui qu'il portait il y a vingt ans quand il a gagné le rallye-moto machin chose...) et plein de trous qu'il faut surtout pas jeter et pas trop laver pour pas l'abimer !!!! Aaaarrrrrhhhh
!!!!!
mais puisqu'on parle de peau de velours... franchement les vôtres (de mecs) est-ce qu'ils se rasent tout doux chaque week-end ?
Moi non plus j'aime pas les poils sous les bras, mais le mien qui n'imaginerait pas un instant que pousse sous les miens une belle forêt vierge refuse obstinément de m'offrir la même douceur de
peau-de-bébé-qui-sent-bon ! J'exagère à peine, disons qu'il consent à quitter sa peau de bête et à redevenir un homme smart si nous (avons des ou) sommes invités ou si nous sortons "en
ville"...
Pourquoi n'aurions-nous pas les mêmes exigences qu'eux ??
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